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Vendredi 29 Mai 2020 | Actualités

OUEST-FRANCE - PORTRAIT. Le p’tit gars de Ménimur est devenu adjoint au maire à Vannes

Fabien Le Guernevé a gravi les échelons, les uns après les autres, pour devenir à 33 ans adjoint au maire en charge de la culture et du patrimoine à Vannes (Morbihan). Il continuera par ailleurs à diriger l’aquarium.

C’est le pari de la jeunesse qu’a fait David Robo en misant sur Fabien Le Guernevé. À 33 ans, voilà son ancien conseiller municipal délégué à la jeunesse et à la vie étudiante propulsé adjoint au maire en charge de la culture et du patrimoine à Vannes.  

« Élu lundi, j’étais dès mardi en réunion avec la direction de la culture pour prendre en main tous les dossiers en cours et à venir. J’enchaîne les rencontres, les visites d’équipements et je mange du dossier », confie ce Vannetais pur beurre, à l’allure de premier de la classe.

D’un milieu populaire

Et pourtant, il n’est pas né avec une cuillère d’argent dans la bouche. « Quand on vient d’un milieu populaire, c’est sans doute moins facile de se hisser jusque-là ! Mes parents sont d’ailleurs très fiers… »

Fils d’un jardinier et d’une Atsem, Fabien Le Guernevé a grandi en HLM à Ménimur, un quartier auquel il se dit « très attaché ». Il a fréquenté l’école Brizeux, avant de rejoindre le collège Notre-Dame-Le-Ménimur puis le lycée Saint-Paul. Après avoir décroché son bac littéraire, il met le cap sur Rennes 2 pour suivre une licence « Histoire et Patrimoine » avant de revenir à Arradon, à l’Université catholique de l’ouest, et d’en sortir avec un master « Management du tourisme ».

« De la bagarre naît l’engagement »

Ses premiers pas en politique remontent à son passage comme étudiant à Rennes. « Dès mon arrivée sur le campus, j’ai été mis dans le bain tout de suite avec vingt-quatre semaines de blocage de l’université. Je me suis tout pris : le CPE, la loi LRU sur l’autonomie des universités… Je me suis engagé avec d’autres étudiants pour faire libérer la fac. C’est dans la bagarre qu’est né l’engagement ! »

Mais une personnalité a beaucoup compté pour lui : « La rencontre avec Anne Le Hénanff (désormais première adjointe au maire de Vannes N.D.L.R.) a été déterminante, confie-t-il. Elle m’avait repéré chez les Jeunes Populaires, dont j’avais pris la présidence en 2012 à la suite de Ronan Loas. Quand elle est devenue secrétaire départementale de l’UMP, je lui ai succédé à la tête de la circonscription. Et j’y suis encore. Toujours élu au premier tour. Je reste donc encarté chez Les Républicains. »

Parallèlement, à sa vie politique, il a étoffé son CV au château de Suscinio à Sarzeau, au Domaine de Manehouarn à Plouay, au village de Poul Fetan à Quistinic avant de rejoindre le cabinet de François Goulard au conseil départemental pour se charger des questions de tourisme et de culture.

« Les mains dans le cambouis »

Il fut, pour la première fois, élu à Vannes en 2014, après avoir mis en scène et animé (comme en 2020) la campagne de David Robo. C’est alors que Ronan Loas, élu de son côté maire de Ploemeur, lui propose de devenir son directeur de cabinet. Il restera en poste pendant cinq ans. « Ça m’a permis de découvrir toutes les ficelles d’une collectivité de 18 000 habitants. C’est quand on a les mains dans le cambouis que l’on apprend. C’est mieux que Science Po même si ça doit être aussi très bien… »

Il a toutefois eu envie de revenir à ses premières amours : le tourisme. Il y a un peu plus d’un an, il a été recruté pour diriger l’aquarium de Vannes. Depuis, il tente de donner une nouvelle jeunesse à l’équipement.

« Le musée, le projet d’un mandat »

Nouvel adjoint au maire en charge de la culture et du patrimoine, de nombreux gros dossiers l’attendent. À commencer par le déménagement du musée au château de L’Hermine qui devra être totalement rénové. « C’est le projet d’un mandat », explique-t-il. Même s’il ne veut pas faire table rase du passé, il veut impulser de nouvelles choses. « Du haut de mes 33 ans, je peux apporter le regard de ma génération sur la culture à Vannes… Les jeunes qui vont à Dédale ne vont pas forcément au musée de La Cohue. Et quand Dédale ne sera plus là, il faudra leur proposer des choses qui leur plaisent. Je vais m’y employer. »

« On n’a jamais raison tout seul »

Le patrimoine fait aussi partie de son portefeuille. « J’y tiens particulièrement parce que c’est la force de Vannes. Il faut mettre des bouchées doubles pour le valoriser. Beaucoup trop de gens n’ont jamais pu visiter la Tour du Connétable et d’autres joyaux de la ville. Il faut leur mettre du fard sur les joues, ne rien s’interdire, casser les codes sans casser le patrimoine. »

D’autres équipements culturels seront créés comme dans le hangar Dubreuil à Nord Gare, au réservoir de La Madeleine… Mais pas question pour lui d’imposer ce qui devra y voir le jour. « Je veux miser sur le collaboratif, mettre les gens autour de la table et lancer des appels à projets. On n’a jamais raison tout seul. »